(Photo Audrey Mainguy : Un pied de nez au cancer)

Comment peut agir l’entourage pour favoriser la résilience ?

Lorsqu’on vit un traumatisme (décès, violence sexuelle…), on se sent comme un épouvantail, effacé de la condition humaine. La réalité est trop dure à regarder, alors on se vide de soi-même, on se coupe de nos sensations, un peu comme une enveloppe vide. Si autour de moi je ressens de la solidarité affective, je réintègre peu à peu ma place d’être humain.
Offrir une tasse de café, parler à l’autre normalement, sourire… Tout cela passe par des petites choses banales pour quelqu’un qui vit normalement, mais d’un réconfort immense pour celui qui souffre.
Alors comment éviter de s’enfermer dans ses souvenirs ?
Il faut extérioriser par le langage. D’une façon plus générale, on parle de « tercérisation ». Ce mot un peu barbare regroupe tous les procédés qui permettent d’éviter un affrontement entre le réel et le blessé, grâce au détour par un tiers. Ce tiers peut être la mentalisation, qui consiste à refaire son histoire autrement, à remanier les faits ; l’esthétisation, qui transforme la souffrance en beauté et donne naissance à de véritables œuvres d’art ; ou même l’humour : dégager les côtés ironiques ou insolites d’une situation permet de changer d’angle de vue sur l’événement, le temps d’un sourire ou d’un clin d’œil complice… C’est ainsi que l’on fait face nos épreuves des forces de vie. En tout cas, nous avons tous intérêt à essayer !
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