EXTRAITS D’UN ARTICLE DE SUNYATA ZEN CONSEIL

On reste é(mer)veillé par le sourire du Bouddha. Nous aimons tous voir un visage souriant, être accueilli par un sourire chaleureux et bienveillant. Mais le sourire du Bouddha, il est particulier, infiniment subtil …

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Que cache donc le sourire spirituel et énigmatique du Grand Homme assis en méditation sous l’arbre sacré ? La représentation de ce sourire est à son apogée  avec l’art kmer comme en témoignent deux chefs d’œuvre conservés au musée Guimet : le sourire doux et paisible du roi Jayavarnan ou celui magnifique, serein et délicat, du Bouddha protégé par le Nâga.

Le dessin des lèvres ourlées et légèrement relevées contrariant la ligne tombante des lobes d’oreilles étirés par le poids de bijoux désormais inutiles.

Le sourire semble communiquer son mouvement aux yeux, finement plissés dans la pierre comme des flammes.

Un souffle suspendu semble près à s’échapper d’une source lumineuse provenant de l’intérieur de la statue exerçant une envoûtante fascination sur le visiteur …

Alors ce sourire ?

Peut-être la simple expérience du NIC et NUNC de l’ici et maintenant. La fin de la quête pour quelque chose d’autre que ce qui est à chaque instant, à chaque souffle, le profond sentiment d’être. L’aboutissement absolu avec « rien » comme objet   …   Et peut être même, « rien » comme sujet … ;o)

L’expérience de « poser (enfin) ses encombrantes valises », la fin du voyage.

Est-ce qu’il n’y a pas là matière à  provoquer un réconfortant sourire ?

Arriver au seuil de sa « maison », poser son barda, lever la truffe et humer l’air, ouvrir la porte et respirer les parfums, les choses et les êtres. Etre profondément heureux … Retour chez Soi, tel Ulysse – qui a certainement eut un tel sourire – après un long, si long périple.

Tout se dont nous avons besoin en fait c’est poser notre fardeau ; c’est « à contre courant » de penser que la satisfaction profonde est dans l’abandon plus que dans l’acquisition, non ?

Que voir d’autre dans ce sourire ?

L’ A m o u r  !

Beaucoup pensent qu’il faut devenir Aimant, sans trop savoir si ce « sentiment » est notre véritable nature. Car qui dans ce monde troublé et troublant s’emploie à l’être vraiment, profondément, intimement ?

Mais l’Amour a toujours été (déjà) là, et tous nous l’avons ressenti à un moment ou l’autre de notre existence. Lorsque le sentiment du « moi » disparaît, cette illusion du « mien » et du « je », lorsqu’il y a « absorption » avec « ce qui est », alors rien de fait obstacle à l’expression du véritable amour.

Alors, naturellement, automatiquement, inconsciemment un sourire se dessine sur notre visage …

Et si quelques fois l’Amour consiste à ressentir la souffrance des autres, il se manifeste néanmoins par un sourire. Sourire non entâché de dualité, englobant – embrassant – tristesse infinie et joie incommensurable.

Pas un échapatoire au monde mais une ouverture confiante et résolue.

Tel qu’il est !

N’est ce pas merveilleux de savoir que le Sourire du Bouddha est déjà en nous ?

Lors de nos méditations régulières nous devons cultiver ce sourire. Ne pas se prendre trop au sérieux.  Il est certain que notre «travail » doit être sérieux et appliqué car il existe une part d’obscurité en nous.     Qu’il nous faut apprendre à re-connaître, mais la vision de la « vérité » est voir la lumière quand l’obscurité se dissipe.

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Lorsque que nous savons ce qu’est l’agitation du monde, nous ne ressentons plus le besoin de la fuir. Quand nous cessons la fuite, l’esprit devient prodigieusement tranquille … et le sourire intérieur s’épanouit.

C’est ici et maintenant que la transmutation se produit, le prodigieux  renversement, de ce qui a été trop longtemps enfoui.

Toute notre humanité, notre fragilité et notre compassion, recluses à l’intérieur s’ouvrant sur le monde comme une fleur qui s’épanouit.

Alors, pas étonnant si le Bouddha sourit … n’est-ce pas ?

EXTRAITS D’UN ARTICLE DE SUNYATA ZEN CONSEIL

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