Combien de fois sourit-on par jour ? Impossible de la dire tant cela dépend des personnalités et des moments de la journée. La plupart du temps, nous sourions pour exprimer le plaisir, mais le sourire est une manifestation physique bien plus complexe qu’il n’y paraît : il ne s’agit pas seulement de la contraction de plusieurs muscles (ceux aux deux coin de la bouche et ceux autour des yeux). « Le sourire provient d’une vibration qui associe la joie et la terreur, l’émerveillement et l’effroi », écrit Patrick Drevet dans son essai Le Sourire.

« Contrairement au rire, qui préoccupe les chercheurs depuis une vingtaine d’années, peu d’études ont été consacrées à la plus subtile des expressions humaines », rappelle le site Psychologies.

Le neurologue français Guillaume Duchenne de Boulogne fut un des premiers scientifiques à étudier le sourire, dans les années 1860. Duchenne utilise notamment l’électricité comme instrument d’expérimentations physiologiques. L’usage du courant alternatif lui permet de stimuler avec précision un seul faisceau musculaire à la fois. Ses expérimentations électriques lui permettent de conclure qu’un vrai sourire de bonheur est formé non seulement par les muscles buccaux mais aussi par les muscles oculaires. Ces sourires « authentiques » sont nommés « sourires de Duchenne » en son honneur.

De ses expériences, Duchenne conclut que les muscles buccaux obéissent à la volonté, contrairement aux muscles oculaires. « Le muscle autour des yeux ne peut être activé que par un vrai sentiment, ou une émotion agréable. Son inertie démasque un sourire feint », explique Duchenne. Une découverte confirmée au XXe siècle par le psychologue américain Paul Ekman. La plupart d’entre nous sont incapables de simuler un sourire des yeux. Conclusion : si vous faites un déjeuner d’affaires et que votre interlocuteur vous sourit, mais que vous ne savez toujours pas s’il vaut mieux signer le contrat qu’il vous propose, regardez les petites lignes au coin de ses yeux. Si vous décelez des pattes d’oies, c’est que son sourire est sincère. Si ce n’est pas le cas, il se pourrait bien que votre nouvel associé ne soit pas aussi sympa qu’il n’y paraît. A noter que les yeux ne mentent pas moins si le visage de la personne est bourré de botox, précise The Atlantic.

Ce que nous voyons influence grandement le fait de sourire ou non. Mais pas obligatoirement. Les scientifiques ont découvert que nous n’avons pas besoin d’informations visuelles pour sourire. Les travaux de Darwin ont par exemple prouvé que les aveugles sourient au même moment que les autres personnes au cours d’une conversation. Il est bien évidemment possible de sourire lorsqu’on est seul, mais les rapport sociaux augmentent leur fréquence : en moyenne, nous sourions six fois plus dans des contextes sociaux.

La complexité du sourire peut aussi s’apprécier en examinant les réactions de ceux qui ne peuvent pas le faire normalement. Les personnes qui ont subi des dommages au cerveau sont parfois incapables de sourire sur demande, mais sourient parfois involontairement à des blagues. Inversement, les patients atteints de la maladie de Parkinson parviennent à sourire quand on leur demande de le faire, mais ont parfois de mal à sourire à une blague qui les a fait rire.

Plus de sourires permet-il un mariage heureux ou une espérance de vie plus longue ? Des études ont bien montré qu’il existait de tels liens, mais comment les expliquer ? Le stress est probablement la clé. Des chercheurs ont récemment cherché à connaître l’effet des sourires sur le stress, rappelle Futura Sciences. Autre exemple de la complexité du sourire : les personnes les plus sociales sont aussi les moins déprimés. Est-ce une coïncidence ? Les scientifiques ne sont pas encore parvenus à le déterminer. Mais comme l’a dit l’écrivain américain Edward E. Kramer : « N’attendez pas d’être heureux pour sourire, souriez plutôt afin d’être heureux ».

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