[Une] condition de l’émerveillement : aimer la vie. Bertrand Vergely estime qu’ « en devenant présent à notre existence, nous allons voir celle-ci dévoiler sa richesse à travers mille détails. » C’est le message que diffuse également Florence Servan-Schreiber, journaliste. Elle a participé à des « cours de bonheur » basés sur la psychologie positive et créés par Tal Ben-Shahar, docteur en psychologie et en philosophie. Un manifeste rédigé en 1998 décrit la « science du bonheur » comme « l’étude scientifique des forces et des qualités qui permettent aux individus et aux communautés de s’épanouir ». Après avoir expérimenté ce programme, Florence Servan-Schreiber a voulu partager son expérience, ses connaissances, et des outils à la portée de chacun, dans un livre intitulé « 3 kifs par jour et autres rituels recommandés par la science pour cultiver le bonheur ». Parmi eux, le carnet de kifs ou carnet de gratitude. Il s’agit d’annoter chaque soir, dans un cahier, juste avant de s’endormir, trois évènements de la journée pour lesquels nous aurions envie de dire Merci ! Un exercice qui nous invite à prendre conscience des trésors et des richesses que nous offre la vie. Pour Florence Servan-Schreiber : « La gratitude libère de l’envie : la reconnaissance de ce que j’ai m’exonère du désir d’autre chose. Cela nous permet de mieux vivre avec ce que l’on possède déjà et d’être plus généreux. Ressentir et exprimer sa reconnaissance est un formidable antidote contre les émotions négatives, l’hostilité, le tourment et l’irritation ». Des laboratoires étudient les bienfaits liés au sentiment de gratitude. Ainsi, d’après le professeur Robert Emmons, les personnes qui tiennent régulièrement un carnet de gratitude « ont gagné quelques heures de sommeil, s’endormaient plus vite, et se sentaient plus reposées au réveil ». rapporte Florence Servan-Schreiber. Mieux vaut donc compter ses kifs plutôt que les moutons en cas d’insomnie, suggère-t-elle avec humour dans son livre. Plus fort encore, être dans la gratitude ou l’émerveillement permettrait de vivre plus longtemps. Pour mener une telle étude, il faut pouvoir étudier un groupe de personnes ayant exactement le même mode de vie et vivant au même endroit. Les chercheurs ont ainsi examiné des lettres biographiques rédigées par les religieuses d’un couvent à l’âge de 20 ans, 40 ans et 70 ans. Des sémanticiens ont analysé la teneur du vocabulaire et quantifié les mots en lien avec les notions d’émerveillement, d’optimisme et de gratitude. Ils ont ensuite étudié leur état de santé. Ils se sont aperçus que les religieuses manifestant le plus cet état d’esprit positif à travers leurs lettres vivaient en moyenne sept années de plus que les autres. Cette étude a été réitérée dans des contextes plus courants et les résultats sont les mêmes. Ainsi, s’émerveiller serait bon pour la santé.

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