La première pensée consisterait plutôt en une attitude hédoniste, c’est-à-dire en la recherche des plaisirs ou des réjouissances que peuvent nous procurer nos divers sens, des plus triviaux aux plus subtils. Cette première voie considère le monde comme immanent, c’est-à-dire que tout s’y trouve inclus et qu’il ne se trouve rien en dehors de celui-ci, dans aucun « ailleurs » d’une autre nature, rien dans un quelconque « arrière monde », ou dans un quelconque « monde parallèle ». L’âme (au sens étymologique : ce qui nous anime) est considérée ici comme une réalité certes subtile, mais purement matérielle et nettement incluse dans ce monde qui nous entoure.

La seconde pensée nous propose de trouver l’apaisement, la tranquillité intérieure, par une attitude ascétique privilégiant une rigueur de vie. La tranquillité intérieure visée ici est l’ataraxie (absence de troubles). Le moyen préconisé pour atteindre ce mieux être est alors la réduction de la perception (et donc aussi de la satisfaction) des sens. Nous avons ainsi un chemin opposé à celui des hédonistes, si ce n’est que cette ataraxie se trouve elle-même goûtée comme une source de satisfaction (et donc procure un certain plaisir ou une certaine réjouissance). Le projet est, comme pour les hédonistes, une paix de l’âme (toujours ce qui nous anime, mais considérée ici comme d’une autre nature que la nature matérielle). Cette seconde voie considère l’existence d’une transcendance, c’est-à-dire d’un « arrière monde », ou d’un « monde au-delà de ce qui paraît », d’un « monde parallèle », et la paix dans cet « ailleurs » ne peut se faire qu’au prix de renoncements dans notre « ici ». Ne nous y trompons pas cependant, les hédonistes, tels Démocrite ou Epicure menaient aussi des vies d’ascètes. Il faut savoir qu’ils n’ont jamais recommandé de chercher les choses qui font plaisir et encore moins d’en avoir une consommation débridée. Ils ont plus précisément recommandé de goûter le plaisir en chaque chose qui se présente.

Une troisième pensée, assez inattendue, ne propose ni l’un ni l’autre (ni hédonisme, ni ascétisme). Elle ne prend en compte ni vraiment l’immanence, ni la transcendance. Elle propose une conscience dans cet « ici » de notre monde, une dégustation savoureuse et respectueuse du vécu présent, avec cependant une conscience que tout n’est qu’illusion… mais, en même temps, elle propose de ne considérer aucun « au-delà » particulier. Nous avons là une philosophie du respect de l’être et de la vie extrêmement profonde. Remarquons toutefois qu’elle respecte l’être sans pour autant l’idéaliser. Il ne s’y trouve pas d’ego, ni de pensée ontologique (pensée ontologique : celle qui étudie l’être en tant qu’individualité), mais il s’y trouve une profonde considération envers les êtres, autant qu’envers soi. Tout y est considéré comme étant en interdépendance (finalement une forme de pensée « hyper systémique ») et l’existence de chaque être et de chaque chose s’y trouve reliée à l’existence de chacun des autres êtres ou chacune des autres choses, de sorte que rien ne peut être considéré comme existant seul. Ces enchaînements et modifications successives de tout, donnent l’impermanence qui, quoique plus proche de l’immanence, n’est ni immanence, ni transcendance.

Nous trouvons, à l’origine, les représentants des deux premiers modes de pensée chez les philosophes grecs, et le troisième chez les philosophes indiens (ceux de l’inde).

 

Extrait d’un article de Thierry TOURNEBISE


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